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 Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]

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Bambi
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Date d'inscription : 12/04/2006

MessageSujet: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 21:53

Ben voilà, je vais poster ma première fic ici, alors (puisque, apparemment tt le monde vit encore lol Laughing ) Very Happy



Prélude en Jag… ou… Après une irréelle ébauche

22h49 heure locale
Appartement du lieutenant colonel Sarah Mackenzie
Georgetown, Washington


Il est assis sur un fauteuil, face à la fenêtre, légèrement appuyé au dossier…
Dehors, de minuscules flocons tombent, tels des grains de sucre dont on se servirait à l’infini. Et pourtant, ce n’est pas l’hiver. Le climat est déréglé, on ne sait pourquoi. Tout comme sa vie, tout comme son cœur. Excepté qu’il ne connaît que trop bien la raison : son univers s’écroule, demain il part. Si rien ne l’avait retenu ç’aurait été si simple… Oh, si seulement rien ne l’avait retenu ! Doucement il caresse ses cheveux, sa tête posée sur ses genoux. Aussi doucement, il lui murmure un « au revoir mon amour »… Il la croit endormie. Mais ses yeux ouverts reflètent tout l’impact de sa déclaration…



Sa tête toujours posée sur ses genoux, elle tente de ne plus réfléchir, ne plus penser… Juste profiter de ces quelques instants en sa présence. Et ensuite assumer leur bêtise et ses conséquences ?
Elle sent sa respiration se calmer ; sa main a cessé sa douce caresse ; le sommeil l’a enfin gagné… Lentement, elle l’y rejoint et ils dorment… Ensemble… Pour la dernière fois ?



08h25
224B 80ème rue
Appartement de Harm
Washington D.C.


Harm avait à peine ouvert les yeux que son portable se manifesta en musique peu agréable pour un réveil. Ou peut-être sonnait-il depuis longtemps déjà. Il tendit le bras et le prit maladroitement.
« Rabb, marmonna-t-il, ou du moins quelque chose y ressemblant.
-Bon Dieu Rabb ! Que faites-vous ? Nous vous attendons depuis vingt minutes !
-Amiral Chegwidden ? Vous allez bien ?
-Mais bon sang, ce pilote va me tuer !
-Monsieur ? réussit à baragouiner Harm.
-Capitaine, montez dans votre foutue voiture et amenez vos six heures au Jag ! Ou je risquerais bien d’annuler la cérémonie de 18h00 !!
-Heu… Oui, monsieur », répondit un capitaine peu convaincu au « bip » signifiant la fin de l’échange.
Le marin jeta un œil au réveil. Des sentiments confus le submergeaient. Une impression de déjà vu : « un retard, c’est pas si grave… »pensa-t-il, encore choqué par cet éveil violent. Mais une impression bizarre, aussi : pourquoi le général Cresswell passait par un amiral à la retraite pour le réprimander ? Et quelle réunion de 18h00 avait-il oublié ?
Il ne s’en formalisa pas trop et s’orienta péniblement vers la salle de bain. Il ne se souvenait même pas d’être rentré chez lui… Et où était ce fichu uniforme ? Il ne comprenait décidément rien.



09h05
Q.G. du Jag
Falls Church Virginie


Le capitaine s’était rendu le plus vite possible au Jag, comme le lui avait été ordonné. Toutefois, il conservait un étrange pressentiment, qui s’accentuait au fil du temps.
« Capitaine Rabb !, fit une voix familière.
-Bud ?
-Bonjour monsieur ! Je ne devais arriver ici que dans l’après-midi, mais je suis très heureux de rejoindre votre section ! Vous allez bien ?
-Heu… Oui, assura un Harm complètement abasourdi, dites-moi, capitaine…
-Enseigne, monsieur !
-Hein ? » La situation lui échappait. Bud observa son supérieur, surpris. Ce dernier semblait vraiment perdu.
« Vous avez bu, capitaine ? osa-t-il.
-Mais non, voyons !
-C’est que… vous semblez… bizarre, monsieur ! » Ils soupirèrent en cœur, l’un d’étonnement, le second de totale incompréhension.
« Capitaine Rabb, enseigne Roberts. » Une voix que Harm ne pensait et n’espérait plus entendre les interrompit tout deux dans leur réflexion plus que brumeuse…


Quelques heures auparavant
Endroit inconnu


Sarah Mackenzie s’éveilla d’un long rêve.
La jeune femme s’étira longuement et, étonnée, essaya de reconnaître la chambre où elle avait vraisemblablement passé la nuit ; elle échoua. Elle tenta alors d’analyser les sensations étranges qui la gagnaient, en vain.
Puis ses yeux se posèrent sur le corps endormi à ses côtés. Elle resta bouche bée.
Elle se tourna ensuite vers la droite et aperçu son uniforme, posé négligemment sur une chaise en bois. Plus précisément, elle ne put détacher son regard de ses insignes. Ses insignes de major.
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Bambi
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 21:55

09h06
Q.G. du Jag
Falls Church Virginie


Harmon Rabb pivota sur lui-même pour apercevoir la propriétaire de la voix.
« Cessez de me regarder ainsi, capitaine. L’amiral vous attend, et il n’est pas content », fit Alison Krennick, en insistant sur les derniers mots, le sourire aux lèvres.
Face au silence de son supérieur, Bud décida de prendre la situation en main. Il poussa Harm vers le bureau de l’amiral.
« Venez, capitaine, ne faisons pas attendre l’amiral plus longtemps ! »
En entrant dans le bureau du Jag, tout deux se mirent au garde à vous.
Harm parvint à maîtriser son trouble et se concentra sur la situation. Qui ne lui plaisait pas vraiment.
« Repos, messieurs. Asseyez-vous. Capitaine, j’imagine que ce doit être un jour spécial pour vous, et j’espère d’ailleurs que vous ne serez pas une fois de plus en retard !, fit Chegwidden, s’efforçant de paraître dur.
-Non, monsieur.
-Après la cérémonie, je vous présenterai votre partenaire, un autre nouveau membre au Jag !, et vous serez chargés d’une nouvelle enquête. L’enseigne Roberts sera votre assistant. Des objections ?
-Aucune monsieur, certifièrent les deux hommes.
-Parfait. Rompez. »
L’amiral clôtura l’entretien d’un geste de la main.
Ils sortirent ensemble sur le plateau et se dirigèrent vers le bureau du pilote.
« Je suis en plein rêve, constata Harm.
-Eh bien, monsieur, je ne sais pas. Personnellement, il m’arrive souvent de me le demander. Des choses comme une D.F.C., on peut considérer cela comme un rêve, non ? La vie n’est pas toujours tout ce qu’il y a de plus réel. Regardez, par exemple, dans l’épisode de la saison 2 de Star Trek où…
-Bud, coupa Harm dans ce long monologue, vous savez, je n’avais jamais remarqué à quel point vous aviez mûri, ajouta-t-il, l’image d’un certain capitaine de corvette à l’esprit.
-Oh, merci monsieur ! remercia le jeune enseigne, tout réjoui.
-Heu, de rien, Bud. Dites-moi, pourquoi est-ce le capitaine Krennick qui nous a demandés ?
-Mais, monsieur, c’est son rôle en tant qu’aide de camp ! Hum, vous ne l’appréciez pas beaucoup, je pense…
-Non, affirma Harm sèchement.
-Je comprends que l’affaire du lieutenant Schonke l’ait fait perdre votre estime. Excusez-moi, je ne voulais pas vous rappeler tout ça… Je vais vous laisser, monsieur. Nous nous verrons ce soir à la maison blanche ? » Cette dernière phrase permit à un Bud fort sceptique de se retirer.

L’avocat, resté seul, s’assit lourdement, la tête dans les mains. De nombreuses questions le harcelaient mais il jugea bon de ne pas les poser à Bud : il allait finir par passer pour fou ! Il tenta de prendre du recul par rapport à ce début de journée.
Premièrement, il s’était éveillé dans son appartement. Alors que, la veille au soir, il n’y était pas, étant à Georgetown !
Ensuite, son supérieur n’était pas le général Cresswell mais l’amiral Chegwidden. Et son aide de camp, le capitaine Krennick, songea Harm avec dégoût. Bud était enseigne, venait seulement de rejoindre le Jag… Donc pas de Harriet, ni d’A.J. junior… Un seul point positif : Bud avait toujours ses deux jambes.
Enfin, il y avait cette cérémonie à 18h00, à la maison blanche… Il se rappela avoir été décoré de sa première Distinguished Flying Cross dans les mêmes circonstances… Bud en avait justement parlé, quoiqu’il ne lui ait pas prêté une écoute aussi attentive qu’il l’aurait voulu.
Le jeune marin conclut, incrédule, qu’il se retrouvait dix années auparavant… Sans doute était-il en train de rêver ? Il réalisa que c’était le jour où il avait rencontré une personne très importante à ses yeux… « Mac »,souffla-t-il.
Et il donnerait n’importe quoi pour revivre cette première rencontre. Ce songe pourrait bien être plus intéressant qu’il ne l’imaginait…
Tel fut le raisonnement du capitaine de corvette Rabb lorsqu’il décida, tout en gardant son sang froid légendaire, de vivre sereinement et entièrement ce rêve, qu’il prévoyait merveilleux…

10h26
Chambre d’hôtel
San Diego, Californie


De son côté, Mac avait elle aussi l’impression de rêver.
Elle s’impatientait.
Depuis une heure et quarante-six minutes, elle attendait le réveil de son compagnon. Ou, du moins, la personne à ses côtés. Car, bon Dieu !, elle ne s’était pas endormie près de lui… Enfin si, mais des années avaient passé depuis. Quoiqu’elle doutait de la réalité de sa situation présente. Mais se pincer n’avait servi à rien, songea-t-elle, sarcastique.
« Sarah. Bonjour.
-John ! Puis-je savoir ce que tu fous là ?
-Tu croyais vraiment que j’allais partir pendant la nuit ? Sans même te dire au revoir pour la dernière fois ? interrogea le colonel Farrow, le sourcil froncé.
-Ah heu. Non.
-Ecoute, Sarah. Je ne vais pas revenir sur ce que je t’ai promis hier soir. Tu m’as dit que c’était fini. Et je l’accepte. Même si nos carrières ne sont plus menacées… Tu vas commencer une nouvelle vie, en quelque sorte…
-Mais pourquoi es-tu resté, dans ce cas ? » Elle tentait tant bien que mal de se souvenir de cette fameuse conversation. Farrow prit un air désolé :
« Je suis navré mais tu t’es endormie et… heu, moi aussi. Mais c’est bon je vais partir.
Bonne chance en tant qu’avocate… Cette mutation à San Diego est une vraie chance pour toi ! Peut-être même iras-tu à Washington, si tu fais des exploits ici ! » Devant son air interrogateur, il ajouta : « San Diego, c’est juste une transition… Le terrain ne te manquera pas trop ?
-Non, répondit-elle après un silence. J’adore les tribunaux et les avocats. » Un avocat, en fait.
John lui sourit une dernière fois, prit ses affaires et sortit. Mac venait de revivre sa rupture avec lui. Cependant, une chose avait changé : elle ne se rendait plus à Falls Church, mais à San Diego. Elle était à San Diego.
Elle passa une main hésitante dans ses cheveux. Elle se souvenait avoir fait des rêves complètement fous, mais celui-ci dépassait tout ce qu’elle avait imaginé. Et lui paraissait étrangement réel. Et puis, dans ses rêves, il y avait Harm… Or, ce dernier était certainement en Virginie… Elle l’espérait.

18h00
Maison Blanche
1600 Pennsylvania Avenue
Washington D.C.


Harm venait de vivre une journée où il n’avait cessé d’attendre ce moment. Enfin, ce moment, plus quelques minutes…
Un jeune officier lut le récit du sauvetage du capitaine Tomas Boone, accompli par le Capitaine Rabb, malgré les ordres d’éjection et sa mauvaise vision.
Ensuite, le président Bill Clinton s’approcha et lui remit la D.F.C.
« Les qualités du Capitaine Rabb et ses actes de bravoure s’inscrivent dans la plus pure tradition de l’Aéronavale et font rejaillir la notion d’honneur sur lui-même, l’Aéronavale, les Etats-Unis, la Marine et le Jag. » Puis il ajouta plus bas : « Capitaine Harmon Rabb, vous venez à vous seul de rehausser l’image des avocats »
Il lui offrit un grand sourire auquel Harm répondit. Ils échangèrent une poignée de main et, l’hymne national s’élevant dans la salle, les militaires se mirent au garde à vous.
Après s’être fait chaleureusement félicité par l’ensemble des personnes présentes, il rejoint l’amiral et l’enseigne qui discutaient dans l’allée. Ils étaient entourés d’arbres magnifiques et l’endroit rappelait à Harm de bons souvenirs. « Qui vont arriver à l’instant »pensa-t-il, tout excité.
En effet, il ne la vit pas immédiatement, mais une jeune femme s’avançait, souriante, vers eux.
« Bonjour amiral », salua-t-elle.
Les trois marins se tournèrent vers elle. Le cœur d’un d’eux cessa de battre : le rêve tournait pour lui au cauchemar…
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Bambi
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 21:57

17h45
Petite maison au sud de Falls Church


Le lieutenant de vaisseau Ly-Ann O’Connell finit de se préparer dans un silence qu’elle jugeait angoissant. C’était une jeune femme ponctuelle et l’idée d’un quelconque retard lui faisait horreur.
Elle était très stressée par sa nouvelle affectation et tentait de faire pour un mieux.
Elle lut rapidement la note qui lui était adressée, collée au frigo.
Chérie,
J’espère que tout ira bien. J’irai recherché les enfants. Surtout ne t’angoisse pas !
Je t’aime, et je suis fier de tout ce que tu fais,
Marty
Elle sourit ; les attentions de son cher mari lui allaient droit au cœur.

18h34
Maison blanche
Washington D.C.


Ly-Ann les vit arriver de loin. Elle connaissait déjà son supérieur. Les deux autres hommes lui semblèrent sympathiques : le premier, de taille moyenne, pas mince mais pas spécialement gros, adoptait un petit sourire engageant et elle devina qu’il serait un ami merveilleux ; le second, grand, fin, musclé, était bel homme. Ses cheveux bruns coupés courts lui allaient parfaitement, et, la distance se réduisant entre eux, elle put voir l’éclat de ses yeux bleus…
Ils ne regardaient plus dans sa direction et elle décida d’approcher.
« Bonjour amiral. » Ils se retournèrent tout trois et elle sentit deux paires d’yeux la dévisager.
« Capitaine de corvette Harmon Rabb, lieutenant de vaisseau Ly-Ann O’Connell… Votre nouvelle partenaire, capitaine. Et voici l’enseigne Bud Roberts.
-Enchantée, messieurs », fit-elle en acceptant leur poignée de main.
Toute stressée qu’elle était, la jeune militaire ne vit pas la furtive expression de déception dans les yeux de son nouveau partenaire. Mais celle-ci n’échappa ni à Bud, ni à A.J. Harm sourit pour donner le change et Ly-Ann pensa à nouveau qu’il était vraiment un très bel homme.
Ils rentrèrent tour à tour, Bud premier, dans le véhicule qui les reconduisait au Q.G. Toutefois, A.J. retint Harm :
« Quelque chose ne va pas ?
-Tout va bien. C’est juste que je ne m’attendais pas à…
-Voir une femme ? » questionna l’amiral, amusé. Harm hocha la tête en pensant « Pas celle-ci, en tout cas… »
Dans la voiture, le lieutenant de vaisseau observa la nouvelle décoration de Harm.
« Félicitations capitaine ! Je n’ai vu que rarement cette distinction…
-Merci, sourit Harm, peu bavard.
-Je m’en veux de briser cette bonne ambiance mais, dès demain, je dois vous confier une enquête…
Enfin, je vous en parlerai le moment venu ! Tout cela est assez embrouillé. Je suis certain que vous saurez faire preuve de tact… » dit l’aîné d’entre eux, en appuyant son regard sur Harm.

17h30
Q.G. du Jag
San Diego, Californie


Le major Mackenzie allait de surprise en surprise…
Elle avait rencontré son supérieur, un général des marines, qui lui rappelait Cresswell, mais uniquement sur le plan physique, étant plus autoritaire et moins subtil, et qui répondait au nom très révélateur de Stoopid.
Elle aurait ri, en d’autres circonstances, mais plus le temps filait, plus son humeur se faisait morose.
Heureusement, ses collègues se révélaient être des personnes intègres et fort amicales. Leur accueil bienveillant lui avait réchauffé le cœur.
Elle était à présent installée dans son nouveau bureau, une pièce minuscule et peu accueillante. Elle se promit d’y mettre des couleurs. Elle ne pouvait quitter son téléphone du regard, hésitante.
« Major…
-Ah ! lieutenant !, fit-elle en adressant un joli sourire à sa nouvelle collègue.
-Est-ce que tout va bien ? Votre bureau ne vous paraît pas trop sombre ?
-Oh, je m’y fais. J’ajouterai plus tard ma touche personnelle…
-Bien-sûr. Je suis heureuse de vous avoir comme collègue, madame… Je suppose que vous avez pu constaté que nous n’avons pas vraiment été gâtés à d’autres niveaux. » Mac sourit à l’allusion à peine masquée au général.
« Votre franchise pourrait vous causer des ennuis, lieutenant…
-Appelez-moi Sam, madame !
-Alors appelez-moi Mac ! » Elles se sourirent en signe d’accord. Et Mac reporta son attention sur le bigophone.
« Un appel embarrassant à passer, Mac ? » La jeune femme dévisagea son interlocutrice. Elle lisait en elle comme en un livre ouvert !
« Vous êtes vraiment perspicace, Sam ! Je n’ose pas trop appeler… Sans doute ai-je peur d’une quelconque déception…
-Oh… Une déception comme… Un homme ? » Elles se sourirent une fois de plus. Un jeune homme entra à cet instant, souriant de façon arrogante.
« Major, lieutenant…
-Quand on parle des loups…
-Lieutenant ? Je vous demande pardon ?
-Je pensais haut, monsieur. Et je partais.
-Je vous suis. » Et il suivit Sam dans sa fuite. Mac sourit devant l’échange. Sa nouvelle amie se faisait manifestement séduire ! A son grand mécontentement, apparemment.
Sarah prit son courage à deux mains et avec lui, le combiné du téléphone. Elle composa un numéro bien familier pour elle.
« Quartier général du Jag, oui ? »
Elle retint un petit cri de surprise : elle s’attendait à la voix douce et amicale d’Harriet. Or, le ton était sec, voir cassant. « Pas encore d’Harriet, on dirait »songea-t-elle.
« Excusez-moi, madame… Heu madame ?
-Capitaine Krennick, fit la voix sèchement.
-Bonjour… Serait-il possible de parler au capitaine Rabb ? » Mac pria intérieurement pour qu’il soit là, car jusqu’à présent, rien n’était comme elle le connaissait. Et si il n’était pas à Washington ? Pire, s’il n’existait pas ?
« Je suis désolée, madame, mais c’est impossible. » Son cœur se serra davantage au dernier mot.
« Le capitaine est occupé. Lui, l’amiral et l’enseigne Roberts sont à la cérémonie de… Mais qui est à l’appareil ? Désirez-vous laisser un message ?
-Non, je… Je rappellerai… Au revoir, navrée du dérangement. »
Malgré le ton plus que sec et déstabilisant du capitaine, une vague de soulagement envahit la jeune femme. Il existait, c’était le plus important à ses yeux…
De son côté, Krennick était excédée du manque de politesse de cette femme : lui raccrocher au nez !
Elle sourit : son interlocutrice paraissait hésitante… Un cœur brisé de plus par le beau capitaine, sans doute… Cela lui donnait bien des idées…


08h00
Q.G. du Jag
Falls Church, Virginie


Harm était arrivé, exceptionnellement, très tôt.
Il avait besoin de faire le vide dans son esprit. Mais peut-être n’avait-il pas choisi le bon endroit…
« Hey, capitaine Rabb !
-Capitaine…
-Vous êtes bien matinal, je suis très surprise! »
Harm était très peu loquace ces temps-ci, surtout avec elle.
Il ne l’avait jamais aimé et, avec les évènements récents, il avait la diplomatie difficile. C’est donc durement qu’il lui adressait la parole.
« Capitaine, le retint-elle alors qu’il fuyait vers son bureau, hier une femme vous a appelé. Mais elle n’a désiré laissé aucun message ni même son nom… Sans doute était-ce une de vos conquêtes, déçue ?
-Je vous interdis de parler ainsi capitaine ! » commença-t-il. Puis, il se tut et partit : elle n’en valait pas la peine. Alison fut surprise. Habituellement, il se serait contenté de lui décocher un « fusée orange capitaine » avec son joli sourire, même si ses réflexions ne lui plaisaient pas.
Il se passait des choses ici, et le fait qu’elle ne soit pas au courant la vexait au plus haut point !
L’avocat s’assit et attendit nerveusement l’heure de la réunion.
Celle-ci ne tarda pas et tous se retrouvèrent dans le bureau de leur supérieur.
L’amiral prit la parole :
« Bonjour à tous.
Comme je vous l’ai annoncé hier, une affaire délicate se présente à nous, attaqua-t-il en leur tendant un dossier. Le caporal Nathaniel Drake a été retrouvé mort, poignardé par un K-bar. Il était stationné près de la base aérienne de Tres Esquinas, dans le Caquetà, au sud de la Colombie. L’enquête du Jag sur place a conclu à un assassinat perpétré par son supérieur direct.
-Quel serait le mobile, amiral ? questionna Ly-Ann.
-Le caporal contestait l’autorité du colonel et ils auraient eu des échanges houleux en public.
Ils auraient fini par aller trop loin…
-Que dit le colonel ?
-Il nie, capitaine, mais il n’a pas d’alibi. De plus, l’arme du crime retrouvée était l’arme du colonel.
-Avec ses empreintes ?
-Non, nous n’avons pas eu cette chance. Capitaine, vous serez l’accusation. Enseigne, vous l’assistez. Lieutenant, vous assistez le capitaine Krennick à la défense. Rompez. » Ils s’apprêtaient à sortir mais Harm demanda :
« Monsieur, qui est l’accusé ?
-Le colonel Farrow. » répondit l’amiral après avoir jeté un coup d’œil au dossier.
Le regard vitreux, Harm quitta la pièce, suivis des autres. Il sentait que cette affaire n’allait pas être simple pour lui.
Bud, resté en arrière, toussota afin d’attirer l’attention de Chegwidden.
Celui-ci le regarda par-dessus ses lunettes.
« Enseigne, un problème ?
-Eh bien, c’est-à-dire, monsieur heu je… Je ne veux pas dire que… Mais, le capitaine… »
Bud se tordait très nerveusement les mains et l’amiral l’encouragea, amusé :
« Le capitaine ?
-Heu, je ne sais pas comment dire cela sans… hum paraître inconvenant…
-Faites une phrase, Roberts ! Sujet, verbe, complément !
-Le capitaine me paraît bizarre !
-Vous ajoutez un « monsieur » et c’est parfait…
-Pardon, monsieur ?
-Laissez tomber, enseigne. Alison, rappelez-moi le capitaine Rabb, s’il vous plaît ! »
Quelques instants plus tard, il entra, étonné et accorda un regard interrogateur à Bud.
« Capitaine, avez-vous le moindre problème avec cette enquête ?
-Non, monsieur…
-Il n’y a rien que je devrais savoir ?
-Eh bien, je ne sais pas si je serai très objectif…
-Et pourquoi cela ? »
Harm se tut. Il n’allait tout de même pas répondre qu’il était jaloux d’un homme accusé d’homicide pour une histoire de femme qu’il n’était même pas sensé connaître.
« Si vous n’avez aucune raison valable, je ne vois pas pourquoi je vous enlèverais l’affaire. L’objectivité fait partie de vos fonctions, Rabb ! Très bien, rompez, tous les deux ! »
Tels un seul homme, les deux militaires obéirent et sortirent.
Bud s’excusa de l’avoir mis dans cette situation. Harm, pensif, lui assura que tout allait pour le mieux et sourit pour le rassurer.
Après tout, peut-être ce colonel ne connaissait même pas Mac… Et, même si c’était le cas, il pensa qu’elle n’avait rien à faire dans cette histoire de meurtre. Leur liaison, telle qu’il la connaissait, n’avait eu lieu que cinq ans auparavant, à Okinawa…
Il reprit confiance et entreprit les préparatifs du voyage vers la base militaire : des preuves allaient s’avérer nécessaires. Il s’afférerait plus tard à trouver Sarah Mackenzie…
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 21:58

14h43 G.M.T.
9h43 heure locale
Base aérienne de Tres Esquinas
Dans le Caquetà, sud de la Colombie


Bud et Harm avaient interrogé la veille le légiste et, aujourd’hui, une fois arrivées, ils entamèrent leur quête de preuves.
Ils avaient peu dormi dans l’avion, discutant énergiquement du meurtre, mais le décalage horaire était moindre.
Tout près, la chaleur étouffante et la grandeur phénoménale de la forêt amazonienne le fascinait.
Mais aussi, vivaient des peuples pauvres et il ne pouvait s’empêcher de vouloir les aider.
Il n’appréciait pas cette base. Elle se trouvait trop proche de gens dans le besoin sans que rien ne puisse changer.
Le premier marines qu’ils interrogèrent le laissa perplexe. Et pourtant, il était le seul témoin oculaire : le sergent Marsu affirmait avoir vu le colonel Farrow, la nuit du meurtre, s’enfuyant de la chambre de la victime.
Le deuxième le surprit favorablement ; quand le marin vit s’approcher le caporal Victor Galindez, il eut une bouffée de joie ; il avait presque envie de le serrer dans ses bras !
Sauf que, à part lui, personne n’avait de souvenirs de tout ce qu’ils avaient vécu, entre autre le Paraguay.
Mais son témoignage ne l’aidait pas vraiment : Victor repoussait la culpabilité de son supérieur… Il était l’ami du caporal Drake et affirmait qu’une simple divergence d’opinion ne l’aurait pas poussé à se battre si brutalement…
Et plusieurs militaires se succédèrent ainsi sans pour autant fournir des preuves irréfutables…
Ils rendirent également visite à la famille du caporal décédé. Mais ses membres étaient ravagés par le chagrin et furent peu loquaces. La mère, surtout, rongée par une culpabilité qu’ils ne comprenaient pas, demeura de marbre.
Lassés, les deux enquêteurs bouclèrent leurs recherches. Et après quelques jours, ils rentrèrent à Washington.

Même heure
Même endroit


O’Connell et Krennick n’avaient pas eu plus de chance. Et leur propre client ne leur facilitait pas la tâche. Ils avaient eu de nombreux mots pour obtenir une once de coopération.
Finalement, le lieutenant de vaisseau s’avéra être plus diplomate que sa supérieure.
« Colonel Farrow, vous vous rendez bien compte que vous allez être condamné ! Vous n’avez pas l’ombre d’un remords !, réattaqua une fois de trop Alison.
-Mais je n’ai pas commis ce crime !
-Dans ce cas, donnez votre alibi.
-Je ne peux pas !
-Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ? » Le capitaine le fusilla du regard. Par sa faute, elle allait perdre ce procès face à Rabb, et cela la mettait hors d’elle. Elle sortit, furieuse contre ce foutu client, contre Rabb, contre tout le monde…
Ly-Ann tenta une approche plus subtile.
« Elle est un peu rude, mais je suis sûre qu’elle voudrait vous aider.
-Vous essayez de vous convaincre ?, lança-t-il, moqueur.
-Où étiez-vous, monsieur Farrow ? »
Après un silence, elle ajouta :
« Avec une femme, c’est cela ?
-Oui, mais… Nous n’avons rien fait et je ne veux pas la mettre dans une situation compromettante.
-Je ne vois pas ce qu’il y a de compromettant.
-Nous avons eu une liaison. Mais c’est terminé.
-Eh bien, vous pouvez donc…
-Non, il l’interrompit sèchement. Vous la laissez en dehors de tout cela.
-Mais nous laisserions un assassin en liberté ! Réfléchissez bien, colonel. »
Sur ce dernier conseil, elle sortit.
Qui donc aurait bien pu tuer ce caporal ?


16h15
Tribunal
Q.G. du Jag
Falls Church, Virginie


Le procès du lieutenant colonel Farrow avait débuté tôt dans la matinée et l’accusation avait appelé presque tous ses témoins.
Harm finissait l’interrogatoire du médecin légiste.
« Quelle était l’arme du crime ?
-Un K-bar. C’est-à-dire un couteau de marines.
-Et à qui appartenait ce couteau ?
-Au colonel Farrow.
-Je vous remercie, je n’ai pas d’autres questions. »
Le juge regarda les deux parties :
« Je suspends la séance pour aujourd’hui. La défense pourra interroger le témoin lundi, à la première heure. » Un coup de marteau conclut sa remarque.
L’accusation sortit en discutant sereinement : tout se passait bien pour eux. Krennick filait vers l’ascenseur, mécontente, sans un regard pour personne.
« Elle aura le week-end pour se remettre, commenta l’enseigne.
-Ou pour trouver une nouvelle tactique. »plaisanta son ami.
Ils observèrent l’accusé et le lieutenant O’Connell passer, en grande discussion. Qui n’avait pas l’air de plaire au colonel…
« On aurait dit qu’elle voulait le convaincre…
-Croyez-vous que nous ignorons quelque chose, monsieur ?
-Je l’ignore. Mais Farrow ne me semble pas avoir le profil d’un meurtrier. »
Bud acquiesça et commenta :
« Mais parfois le profil ne fait pas tout. Le motif n’est peut-être pas le bon. »



20h37
224B 80ème rue
Appartement de Harm
Washington D.C.


Le dossier en cours éparpillé sur son bureau, Harm avait cessé de travailler et, affamé, préparait le dîner.
Les séances au tribunal réclamaient toute son attention ; il ne s’était donc pas torturé l’esprit pour trouver un moyen, quel qu’il soit, de mettre la main sur Mac. Ce rêve, si ç’en était un, devenait pesant : les souvenirs qu’il possédait en commun avec ses amis ne pouvaient même plus être qualifiés de communs ! En suivant ce raisonnement, il réalisa que Mac ne savait probablement rien de lui. Il souffla bruyamment, d’énervement contenu. Puis poursuivit ses pensées brumeuses et sa préparation culinaire.
Sa réflexion silencieuse fut interrompue par un tintement strident.
L’esprit de Harm fonctionna à toute vitesse. Qui cela pouvait-il être ? Il n’avait théoriquement aucune petite amie à cette époque. Bud ? Ils avaient d’ores et déjà échangé toutes leurs informations. Peut-être avait-il du nouveau ? Ou une simple erreur…
En tout cas, rien qui puisse être pire qu’être seul !
Après ouverture de la porte, il balaya cette dernière pensée…
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Bambi
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 22:01

« Coucou Harm !
-Capitaine Krennick.
-Appelez-moi Alison, nous ne sommes pas au bureau, proposa-t-elle d’une voix qui se voulait charmeuse.
-Vous vouliez me transmettre des informations à propos de votre client ? Je vous préviens, nous n’acceptons aucun arrangement.
-Vous dîniez ?, questionna-t-elle sans tenir compte de ses paroles. Seul ?
-Oui.
-Je vais dîner avec vous, cela vous fera un peu de compagnie ! »
Sans plus de cérémonies, Alison se débarrassa de son manteau, le remit à un capitaine de corvette ébahi par tant de culot, et partit s’asseoir à table.
« Quelle bonne odeur ! Que nous avez-vous préparé ? » Harm s’approcha, les mains sur les hanches, et la regarda droit dans les yeux. Elle sourit et s’approcha sensuellement de lui.
Il la repoussa.
« Ecoutez, capitaine ! Je n’ignore pas que votre ambition est la source de tous vos faits et gestes, et je sais aussi que votre client est foutrement mal barré ! Mais là, je ne me contenterai pas d’une simple fusée rouge… Non mais quel culot !
-Fusée orange, Harm. Et puis, nous ne sommes pas au bureau.
-Sa couleur et l’endroit où nous sommes importent peu, répondit-il, plus calme.
-Je vois. Nous aurions pu avoir une collaboration intéressante, capitaine. Mais vous êtes trop têtu. Je vous ai connu plus enclin à désobéir aux règlements !
-Quand ça en vaut le coup ! » Vexée, Alison renifla avec mépris et tourna les talons.
« Mais mon client n’est pas coupable, et je gagnerai cette affaire !
-Je compterais plus sur le lieutenant O’Connell pour cela. Au revoir ! »
Il claqua la porte derrière elle et s’y adossa en soupirant : Alison Krennick était plus tenace que dans ses souvenirs !




Dimanche 17h50 heure locale
Base aérienne de Tres Esquinas
Dans le Caquetà, sud de la Colombie


Tout le monde n’est pas intéressé et certains font parfois tout pour trouver la vérité. Ou quelque chose qui en est très proche. Et en dépit de leurs intérêts. Les idéalistes, disent certains. Les gens honnêtes, affirment d’autres.

Ly-Ann était de ceux-là, et avait donc occupé son week-end d’une bien meilleure façon que sa coéquipière. Du moins, son initiative avait été plus fructueuse.
Elle n’avait cessé de se faire repousser par Alison à chaque proposition. Et, toute patiente qu’elle était, le vase était plein. La jeune militaire avait donc silencieusement pris ses propres décisions, dans l’intérêt de son client.
Elle ne s’attendait pas à trouver plus mais elle était toutefois revenue en Colombie, la veille. Et, alors que sa partenaire s’activait pour corrompre l’accusation, elle avait repris les investigations. Avec succès.
Les villages à proximité de la base étaient pauvres et leurs habitants auraient fait n’importe quoi pour changer cela. Or, l’argent pouvait s’obtenir facilement, mais par de bien sombres moyens…
L’avocate s’était liée, rapidement mais sûrement, à un jeune garçon. Ce dernier lui avait révélé l’existence d’un important trafic de drogue, et certains militaires n’étaient pas tout blancs !
Le caporal Drake l’aurait découvert ? Et aurait tenté quelque chose ?
Ses trouvailles n’innocentaient pas vraiment le colonel Farrow. Simplement, elles mettaient en évidence la présence d’autres coupables, d’une autre personne. Un complice. Ou juste l’assassin.
Elle ne voyait que Marsu comme coupable plausible : il était le seul témoin oculaire et aurait bien pu dérober l’arme de son supérieur, étant de corvée ce jour-là…
Comment l’équipe du Jag n’avait-elle pas vu cela ? Elle observa le dossier ; les enquêteurs étaient de San Diego. Lieutenant Samantha Klind et lieutenant Tom Drake. Ah. Drake. Voilà qui pouvait expliquer bien des choses…
L’alibi de Farrow l’aurait blanchi complètement : mais comment le convaincre de révéler le nom de sa compagne de cette nuit-là ? Etait-il lié au trafic de drogue et craignait pour la sécurité de cette femme ? Ou son aventure avec elle était-elle répréhensible ? Sans doute cette dernière solution : elle ne connaissait que trop bien les règlements militaires concernant la fraternisation…
Il fallait qu’elle le convainque, et vite, dès son retour. Elle pourrait ainsi rapidement appeler ce témoin crucial à la barre et l’enquête serait réouverte. Et, avec beaucoup de chance, le réseau de drogue démantelé…





Lundi 08h05
Q.G. du Jag (bureau de Harm)
Falls Church, Virginie


Depuis son arrivée, le capitaine de corvette s’était plongé dans l’observation minutieuse d’un chat, dehors, sur une pelouse, devant le bâtiment. L’animal fixait un point, une souris sans doute, et s’apprêtait à bondir. Mais le rongeur tenait à sa vie et esquivait soigneusement les assauts de son chasseur.
Harm sourit : il connaissait bien ce jeu de poursuivant/poursuivi. Il y avait longuement joué ! Mais, contrairement au chat, il n’arriverait certainement pas à ses fins.
« Bonjour capitaine Rabb.
-Lieutenant O’connell, bonjour.
-C’est à propos de l’affaire, monsieur…
-C’est Harm, corrigea-t-il, souriant. Asseyez-vous, je vous en prie.
Sachez que Bud et moi n’acceptons aucun arrangement : toutes les preuves sont contre le colonel…
-Oui, oui, c’est une façon de voir les choses mais…
-Pardon, mais je n’en vois pas d’autres, plaisanta-t-il.
-Je pense qu’il n’est pas coupable, mais je ne peux pas le prouver…
Et puis, le caporal Drake n’était pas un saint ! Nous avons relevé l’existence de vente de drogue par certains militaires ! On pourrait dire que le colonel nous a dé…
-Arrêtez-vous là, lieutenant ! Je suis surpris par votre raisonnement. Et la drogue ne ferait qu’aggraver la sentence de votre client ! »
Il vit que ses mots et son ton dur semblaient blesser sa collègue. Il voulut se rattraper avec humour :
« Voyez-vous ce chat, dehors ? Eh bien, si nous suivons votre logique, ce chat est une souris ! Et la souris qu’il chasse est en réalité un chat ! »
Face à l’absurdité de ces paroles, Ly-Ann sourit, puis, éclata de rire. Harm la rejoint. L’espace d’un instant, il avait eu peur qu’elle soit victime des mêmes travers de Krennick…
« Alors, Harm, nous n’avons pas eu beaucoup le temps de parler avec tout cela… Le capitaine Krennick m’a dit beaucoup de choses sur vous !
-Oh, pitié, ne la croyez pas ! Quel monstre vous a-t-elle décrit ?
-Eh bien, puis-je parler librement ?
-Allez-y.
-Elle vous a plutôt décrit comme un homme qu’elle appréciait grandement, sur le plan professionnel. Et, pour le reste, je dirais que ses yeux révèlent un grand intérêt. Mais elle a la critique facile, n’est-ce pas ? » Harm hocha simplement la tête. « Si elle n’avait que la critique facile… » pensa-t-il.
Ils conversèrent amicalement pendant quelques minutes, Ly-Ann lui raconta partiellement sa vie et lui en retour.
Ensuite, la jeune femme reçut un appel et partit.
« N’oubliez pas de revenir à temps pour l’audience ! » lança Harm.



Même heure
Q.G. du Jag
San Diego, Californie


Tous les avocats du service étaient présents dans la salle de conférence. Mac était assise en face du général Stoopid, et entre Sam et Tom. Le général avait, dès le début, affiché un petit air supérieur. « Même si le mot peut lui être attribué, l’air ne lui va pas ! » songeait Mac alors qu’il distribuait les dossiers.
A la fin de la conférence, il retint Tom et Sam et referma la porte. Mac les attendit, curieuse et à la fois inquiète de ce qu’il pouvait bien leur vouloir.
Samantha sortit première, visiblement furieuse, et courut vers son bureau sans lui adresser un mot.
« Charmant, souffla le major.
-Ne lui en voulez pas, madame. Tout est de ma faute. » Devant l’air presque affligé du lieutenant, Mac leva un sourcil. Mais il ne daigna pas s’expliquer et s’enfuit lui aussi.
« Mackenzie ! » Elle sursauta tellement la voix était forte. « Le stupide Stoopid veut me briser les tympans ou quoi ? » Rageuse, elle se dirigea vers la salle où elle pensait trouver son supérieur, encore assis. Elle se retrouva nez à nez avec lui, à sa plus grande surprise et…pour son plus grand malheur !
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 22:03

08h30
Tribunal
Q.G. du Jag
Falls Church, Virginie


L’accusation était au complet : Bud et Harm attendaient passivement l’arrivée du juge.
Mais, seuls deux chaises à la défense étaient occupées : Ly-Ann n’était toujours pas revenue suite à son appel. Farrow affichait un air contrarié qui contrastait grandement avec la mine réjouie de Krennick.
Enfin, le greffier fit entrer le juge.
« Asseyez-vous, fit-il en louchant vers le banc de l’accusé. Le lieutenant n’est pas là ?
-Elle ne va pas tarder. Nous pouvons commencer sans elle, affirma l’avocate du colonel.
-Bien. La séance est ouverte. Vous pouvez menez votre contre-interrogatoire, capitaine.
-Merci, votre honneur. » Le médecin légiste revint s’asseoir.
« Vous êtes toujours sous serment, crut bon de rappeler Krennick. Docteur, à quelle heure estimez-vous la mort de la victime ?
-Objection, il me semble que cette question a déjà été posée !
-Il me semble bon de le rappeler, monsieur le juge.
-Ne faites pas trop de répétitions, nous pourrions croire à un gain de temps. Objection rejetée. Répondez à la question.
-La mort est estimée à 03h du matin.
-Mais le colonel n’était pas à la base à cette heure-là ?
-Objection, fait non-prouvé. Nous avons un témoin oculaire !
-Je retire. Je n’ai plus de questions pour le témoin.
-Vous pouvez vous retirer.
La défense peut appeler son premier témoin. »
Alors que le médecin légiste se retirait, O’connell débarqua dans le tribunal, souriant jusqu’aux oreilles. Elle s’approcha de sa collègue et de son client et ils échangèrent quelques paroles.
Plus le lieutenant parlait, plus le visage de John Farrow s’assombrissait tandis qu’Alison rayonnait. Les avocats de l’accusation échangèrent un regard intrigué.
« Capitaine ?
-Monsieur, nous venons de recevoir de nouvelles informations. Un témoin s’est présenté récemment.
-Très bien. Appelez-le à la barre.
J’accorderai quelques minutes à l’accusation pour l’interroger si besoin est, ajouta-t-elle alors que Harm s’apprêtait à objecter.
-J’appelle le major Sarah Mackenzie à la barre. »
Si la mine de Farrow était sombre, celle de Harm s’illumina soudain à l’appel du major. Un mélange de surprise et de joie immense se dessinait sur son visage.
Mac, à l’appel de son nom, entra, et alla s’asseoir.
Bud donna un coup de coude à son supérieur, parti dans un autre monde. Ce denier se leva alors précipitamment et, le sourire toujours bien en place, s’avança vers Mac.
« Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?
-Je le jure, fit Mac, plus heureuse que jamais.
-Veuillez décliner vos nom et affectation.
-Major Sarah Mackenzie, avocate au quartier général du jag à San Diego, en Californie. »
Alors qu’elle répondait machinalement, le capitaine de frégate la dévisagea fugacement. La dernière fois qu’il l’avait vue, c’était dans neuf ans… Harm secoua la tête : quelle pensée absurde !
Elle était toujours aussi belle, pour lui. Ses cheveux bruns étaient plus courts, ses pommettes plus saillantes. Le peu de rides qu’il avait vu se former au fil des ans avaient disparu et son sourire était plus éclatant que dans ses souvenirs. Harm pensa que leurs confrontations le lui avaient assombri.
Elle était toujours aussi fine ; l’éclat de ses yeux l’embellissait tellement !
Il dut aller se rasseoir et stoppa ainsi son bref examen.



08h30
Hors de la salle de tribunal
Q.G. du Jag
Falls Church, Virginie


Mac était là depuis peu, mais déjà le plaisir de retrouver ces lieux, et tous les souvenirs qu’elle y avait, la gagnait.
« Je vais prévenir ma collègue et le colonel. Ensuite, nous vous appellerons à témoigner… Est-ce que tout ira bien ?
-Bien-sûr. » Sarah trouvait sa remplaçante sympathique, attentionnée. Enfin, elle présumait que c’était sa remplaçante : peut-être tout n’était pas comme elle l’avait trouvé dans la réalité.
« Surtout ne perdez pas vos moyens lorsque le capitaine Rabb vous interrogera. Il est gentil mais… Dans un tribunal, il peut parfois être… Brusque. » Mac sourit.
« Je sais, lieutenant.
-Ah ? Vous avez déjà eu affaire à lui ? » Le major se mordit la lèvre. Oups.
« Heu, c’est-à-dire…
-Mais bien-sûr, vous êtes avocate ! Suis-je bête ?! » La jeune femme soupira de soulagement ; elle allait devoir modérer ses paroles…
Le lieutenant de vaisseau entra dans la salle de tribunal. Mac trépignait d’impatience. Qu’est-ce qu’elle avait envie de le voir !
Quand, à son tour, elle fit son entrée, elle fut totalement obnubilée par la table de l’accusation. Elle s’assit, le regard rêveur. Sa haute silhouette tarda un instant avant de s’approcher. Elle fut captivée par son sourire. Sans doute une manière de déstabilisation ; elle connaissait bien son pilote. Son témoignage remettait en question toutes ses accusations…
Il lui demanda de jurer ; elle jura. Il l’interrogea sur son identité et son affectation ; elle répondit, toujours souriante.
Harm, face à ce sourire, pensait que leurs confrontations passées, enfin futures ?, l’avaient atténué ; or, c’était la confrontation présente qui l’avait fait naître !
Alors qu’il retournait vers Bud, Alison Krennick, jubilant, se leva à son tour pour l’interroger.
« Bonjour, major », commença-t-elle. Puis, sans lui laisser de temps pour répondre, elle attaqua :
« Où étiez-vous la nuit du 12 février, c’est-à-dire la nuit du meurtre ?
-J’étais dans un hôtel à San Diego ; mon affectation prenait effet le lendemain.
-Etiez-vous seule ?
-Non. J’étais avec le colonel Farrow. » Un sentiment de gêne presque palpable naissait dans la pièce.
« Combien de temps est-il resté en votre compagnie ?
-Il est arrivé tard dans la soirée, vers 23h. Nous avons discuté, je me suis endormie. Et quand je me suis réveillée, tôt, il était encore là.
-Qu’en déduisez-vous ? » Mac cligna des yeux : comme si c’était à elle de faire des déductions. Mais Harm n’objecta pas, sans doute surpris par ses réponses.
« Eh bien, je suppose qu’il ne peut pas être le meurtrier de…
-Du caporal Drake. Merci, major. Je n’ai plus de questions. » Sarah fronça les sourcils au nom de Drake mais ne parvint pas à se souvenir en quoi ce nom lui été familier.

Pendant tout l’interrogatoire, Bud se demandait ce que son ami et supérieur avait : il n’objectait pas, souriait béatement. Certes, le major était une belle femme mais, quoi !, le capitaine en avait vu d’autres, il en était certain !
« Capitaine, vous pouvez interroger le témoin. A moins que vous ne vouliez prendre quelques minutes ?
-Non, ce ne sera pas nécessaire », répondit Bud pour Harm. Il ignorait ce qui se tramait mais il supposait que l’avocat n’était pas disposé à poursuivre. Et c’est donc lui qui allait prendre le relais.
« Major, pourquoi vous ne vous présentez que maintenant ?
-Heu. On ne m’a prévenu de la situation que récemment.
-Entretenez-vous une liaison avec le colonel ? » Mac était complètement abasourdie. Bud semblait bizarre, parlait durement. Cela ne lui ressemblait pas. Qu’est-ce qui le troublait ? Elle ne put répondre à la question, Harm se levait.
« Capitaine ?, fit le juge.
-Excusez-moi, pourrais-je m’entretenir avec les lieutenants et le capitaine ?
-Cela me semble raisonnable, capitaine Rabb. Je suspend l’audience. » Le magistrat ne semblait pas enchanté : cela n’aurait jamais du aller aussi loin…
« J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas, monsieur ? fit Bud en sortant, penaud.
-Je crois que nous allons abandonner les charges, Bud.
-Mais, monsieur, le témoignage du major me semble truqué !
-Je suis certain qu’elle dit la vérité. Je crois que nous devrons recommencer cette enquête… »
« Qui, d’ailleurs, me semble bien plus enrichissante que je ne le pensais »finit-il pour lui-même.
Il fit signe aux autres avocats et à Farrow de s’approcher…

« Nous allons abandonner les charges contre vous, colonel.
-Cela va sans dire.
-Mais vous auriez pu faire part de votre alibi plus tôt, continua Harm sans tenir compte d’Alison.
-Je n’ai cessé de lui dire ! » Ly-Ann agrandit les yeux et dévisagea sa collègue, sans pour autant commenter.
« Je ne voulais pas mettre le major dans l’embarras… Et cette affaire ne me paraît pas…claire.
-Nous allons tenter de la clarifier, monsieur. Et votre aide nous sera sans doute précieuse ! » Farrow se tourna alors vers O’connell :
« Je vous dois beaucoup, lieutenant. Même si je ne le voulais pas, je vous suis reconnaissant d’avoir trouvé le major et de me débarrasser de cette fausse accusation.
-Vous ne me devez rien. Il fallait bien que quelqu’un le fasse. » Elle sourit et loucha vers Alison, qui toussota pour signaler sa présence. Ils échangèrent une poignée de main et Farrow s’excusa : il devait remercier sa « sauveuse » ! Les quatre avocats le suivirent du regard.

« Mac. Merci, murmura-t-il chaleureusement, lorsqu’il fut à ses côtés.
-Mais de rien. Tu aurais dû me prévenir plus tôt ! J’espère qu’on retrouvera le vrai tueur…
-Je ne pense pas…, souffla-t-il tristement.
-Pourquoi ?
-Drake n’était pas tout blanc et, s’il est mort, c’est en partie sa faute. Il s’est embarqué dans des affaires avec des personnes plus fortes que lui.
-Et ces personnes ne laissent pas de traces ?
-Exact. »
Ils se sourirent. L’un et l’autre pensaient la même chose : le passage d’amants à amis avait été parfait.
« Au moins une chose qui n’a pas changé » songea la jeune femme.
Et son regard, nostalgique mais plein d’espoir, se posa sur Harm. Qui ne l’avait pas quittée des yeux…

John, remarquant la connexion qui s’était créée, fit signe aux quatre militaires, restés en arrière, de s’avancer. Il fit les présentations :
« Sarah, tu connais déjà le lieutenant O’connell…
-Oui, fit Mac en souriant.
-Voici le capitaine Alison Krennick, le capitaine Harmon Rabb et l’enseigne Roberts.
-Enchantée ! » Ils se serrèrent la main.
Tous souriaient, mais seuls Harm et Mac étaient réellement enchantés de cette nouvelle rencontre. Et peut-être Bud…

« Excusez-moi ! » Une jeune femme blonde tenta d’attirer l’attention.
C’est avec stupeur mais ravissement que Mac et Harm reconnurent, secrètement, Harriet !
« Harrr… Oui ? » Pas si secrètement que cela, en fin de compte. Ils se dévisagèrent : ils avaient tout deux parlé en même temps ! Mais Harriet ne s’en préoccupa pas et continua, amicale :
« J’ai été affectée à ce service. Pourriez-vous m’indiquer le bureau de l’amiral Chegwidden ?
-Bien-sûr. Suivez-nous, nous devons nous y rendre aussi. »
Bud prit tout à coup de l’assurance et marcha directement vers l’antre de son supérieur. Il frappa. Mais ne reçut aucune réponse.
La petite troupe à présent formée décida silencieusement de l’attendre.
Alison, que le silence importunait, tenta une approche:
« Sarah ? Ah, vous permettez que je vous appelle Sarah ? Alors, qu’allez-vous faire à présent ? Allez-vous retourner à San Diego ?
-Non, j’ai reçu l’ordre de poursuivre cette enquête pour le compte du QG de San Diego…
-Avec nous ?
-Je suppose. L’amiral devrait me donner de plus amples explications.
-Effectivement, major, je vous les donnerai. Eh bien, je vois que nous sommes nombreux. » Tout à leur conversation, ils n’avaient pas entendu AJ arriver.
« Bonjour amiral !
-Bonjour enseigne, répondit-il avant de faire une courte pause. Je vous présente l’enseigne Harriet Sims. Elle sera chargée des relations publiques. Nous sommes heureux de vous accueillir, enseigne !
-Merci monsieur ! Puis-je commencer dès maintenant ?
-Bien-sûr ! L’enseigne Roberts vous montrera votre bureau.
Bon. Colonel Farrow, je suis content que cette affaire soit en partie mise au claire, et nous apprécierons votre aide !
-J’ai déjà donné beaucoup d’informations au major mais, si je peux vous être utile…
-Parfait. Entrez, vous autres. »
Tous obéirent.
Ly-Ann espérait de tout son cœur ne pas être chargée de la poursuite de l’enquête : elle avait déjà sacrifié son week-end et, sa famille, toute compréhensive qu’elle fût, se sentait délaissée.
« Je n’ai pas jugé bon que l’enseigne Roberts continue ceci. San Diego est déjà sur l’affaire, puisque les premiers enquêteurs ont mal fait leur boulot... A propos de cela, que vous a-t-on dit, major ?
-On ne m’a rien dit, monsieur. Mais, j’ai fait quelques rapprochements, au tribunal… Le lieutenant Tom Drake, un des premiers enquêteurs, est le frère de la victime, Nathaniel Drake. Et le colonel Farrow m’a affirmé que ce dernier était impliqué dans des trafics avec la population locale.
-Vous n’avez rien relevé là-dessus ?, demanda-t-il en se tournant vers les autres.
-Si, fit le jeune lieutenant. Un enfant colombien m’a révélé l’existence de trafics de drogue dans lesquels certains militaires pourraient être impliqués…
-Je suppose que Drake n’a pas voulu salir la mémoire de son frère.
-Mais, monsieur, et le sergent Marsu ?
-Le témoin oculaire ? Eh bien, il est peut-être impliqué, lui aussi !
Je ne m’attends pas à ce que vous trouviez le tueur, ce doit être un professionnel payé… Mais je vais en envoyer deux de vous, ainsi que le major, pour clarifier tout cela. Et le sergent Marsu pourrait être traduit en cours martiale si ses actes ne sont pas dignes du corps qu’il sert !
-Monsieur, pourrais-je me proposer ? Avec le capitaine Rabb ? » Tous dévisagèrent Alison, qui venait de parler. Harm était pétrifié, AJ, amusé, Ly-Ann, rassurée… Et Mac fronçait les sourcils. Au grand dépit du premier et de cette dernière, le lieutenant O’connell appuya cette demande :
« Cela me conviendrait, monsieur. J’ai quelques problèmes familiaux…
-Vous êtes certaine ? Vous avez accompli du très bon travail, jusqu’à présent !
-Merci, monsieur. Je maintiens ce que j’ai dit, mais je suivrais bien évidemment vos ordres !
-Rabb ?
-Monsieur ?
-Vous n’avez pas de problèmes familiaux ?, questionna l’amiral, souriant.
-Heu, non, monsieur.
-Très bien. Dans ce cas, vous partez tous les trois pour la Colombie. Rompez. »
Lorsque Mac sortit, elle voulut discuter avec son nouveau coéquipier temporaire, mais John la prit à part. Il lui demanda si elle avait un hôtel, si tout allait bien se passer, si elle lui en voulait…. Mac répondait en phrases courtes et tentait de garder le sourire.
Mais qu’il lui foute la paix !
Alison jacassait près d’un Harm aussi ennuyé que pressé de partir. Elle vit l’intérêt manifeste qu’éprouvait le capitaine pour cette marines. « Pas pour longtemps, songea-t-elle. Dès que l’enquête est bouclée, retour à San Diego, mon petit major ! »
Avec une amabilité feinte, elle proposa :
« Sarah, venez, j’ai ma voiture, je vous conduirai à votre hôtel, et nous irons réserver un vol ! Je suis sûre que nous allons nous entendre à merveille. » Et elle l’entraîna vers l’ascenseur, sans lui laisser le temps de protester.

Le capitaine de corvette, quelque peu désemparé, soupira. John l’entendit et l’interpréta à sa manière, c’est-à-dire mal :
« Ah, les femmes, hein ! Vous et le capitaine êtes proches ? Moi, je ne peux pas la supporter !
-Moi non plus, coupa Harm avant de reprendre plus gentiment. Pourrais-je vous demander une faveur ?
-Tout ce que vous voulez ! »
Le marin, un peu embarrassé, lui fit part de ses questions et, le marines, quoique surpris, se fit un plaisir d’y répondre…

En sortant, l’avocat aperçut Bud et Harriet en grande discussion… Enfin, surtout Harriet : Bud, lui, semblait se contenter de hochements de tête et de grands sourires.
Tous deux rayonnaient et Harm, sans le savoir, eut la même pensée que Sarah plus tôt : certaines choses ne changent pas… Et cela le soulageait. Car oui, il existait des choses que, pour rien au monde, il n’aurait voulu voir modifiées…
Des choses comme le couple qu’il observait en ce moment, si heureux et certainement voués, à leur insu, à un avenir magnifique ensemble…
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MessageSujet: Re: Prélude en JAG...ou...Après une irréelle ébauche[terminé]   Mer 12 Avr à 22:04

18h15
Hôtel
Washington D.C.



La jeune militaire s’était passivement laissée conduire par Alison, bercée par le ronronnement du moteur et par ses jacassements incessants. Elle se posait quelques questions sur cette femme : était-ce Singer, en plus extravertie ? Elle adressa une prière muette pour que ce ne soit pas le cas… Ou bien c’était juste sa façon de créer des liens d’amitié ? Drôle de façon, quand même…
Et maintenant, elle était installée sur le fauteuil de la petite chambre qu’elle avait louée. Elle regardait à l’extérieur, où l’obscurité entamait sa lente descente…
Elle était à la fois excitée, pressée et, en même temps, hésitante.
Elle allait enquêter aux côtés de Harm ! Et passer du temps avec lui…
Mais, dès que tout ceci serait terminé, elle allait juste rentrer à San Diego, et rien ne serait comme elle le voulait…
La jeune femme doutait : que devait-elle faire ? Réagir ou subir ?
Ne rien attendre du côté d’Harm… Mais bon, ce n’était pas sa faute, puisqu’il ignorait tout de leur « passé » commun ! Et puis, tel qu’il était à cette époque, elle peinait à imaginer une conversation sereine entre elle et lui.
Elle avait le souvenir d’un homme sûr de lui, séduisant beaucoup de femmes, plaisantant sans arrêt… Bien-sûr, elle aimait aussi cet homme-là, mais elle se voyait mal lui faire part de ses soi-disant souvenirs.
Si Mac avait eu plus de temps pour réfléchir, peut-être aurait-elle trouvé la réponse, ou du moins une réponse…
Mais son portable sonna.
« Mackenzie ?
-Mac ? Heu, je veux dire, excusez-moi, major, mais… Heu, je sais que nous… Enfin, vous ! Je me demandais si… » Elle sourit : elle avait reconnu sa voix au premier mot ! Et, tout bien réfléchi, ses hésitations lui rappelaient plus l’homme mûr, mais douteux de faire souffrir, que l’avocat un peu arrogant et volage ! Son interlocuteur était-il le capitaine de corvette ou son futur, le capitaine de vaisseau ?
« En réalité, je sais que vous ne m’avez vu qu’une fois, cependant, je…
-Harm ?, coupa-t-elle, mi-interrogative, mi-affirmative.
-Oui… » Ils soupirèrent de soulagement. Si tout leur avait paru brouillé auparavant, maintenant, tout semblait clair…
« Où êtes-vous ?
-J’arrive.
-Mais comment… ?
-Remerciez John… »
Il raccrochèrent. Peut-être n’y aurait-il pas qu’une enquête, en fin de compte… Peut-être y aurait-il beaucoup plus !
On frappa à la porte. Trois coups. Qui pourraient paraître si insignifiants mais qui annonçaient une pièce dont tout public serait amoureux : une ouverture insoupçonnée…
Mac prit une inspiration et se tourna vers ce qu’elle espérait être son futur…

Harm frappa trois coups, qu’il jugea fort hésitants, mais bon, il se sentait fébrile.
Elle ouvrit, lui sourit. Ils ne parlèrent pas. Pas encore. D’un même geste, ils se tendirent la main et s’assirent sur le divan, près de la fenêtre. Ce décor leur semblait familier, mais certains détails les rassurèrent : il ne neigeait pas, ils étaient dans une chambre d’hôtel… Ils n’étaient pas là pour un adieu. C’était même tout le contraire…

Ils se dévisageaient longuement…
Etait-ce un rêve, comme ils l’avaient cru ? Etait-ce la réalité ?
Et puis, ils avaient l’expérience de dix ans « bonus »… Ou juste l’opportunité de rêver ce que ces dix ans auraient pu être… ?
Quoique ce soit, ils s’en fichaient ! Ils étaient heureux…
Ils ne feraient plus les mêmes erreurs : il n’y aurait pas de troisième fois !
Pour les dix prochaines années, réelles ou pas, ils seraient, comme à l’instant, ensemble, main dans la main… Même si ça n’était que pour une amitié… Et quelle amitié !

Et ils avaient une enquête à mener !




FIN Wink
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